Des experts sénégalais ont plaidé, mercredi, pour le renforcement de la souveraineté numérique et informationnelle pour faire face aux velléités de guerre économique et de désinformation, insistant notamment sur une meilleure maîtrise des technologies, la protection des infrastructures critiques, la formation des ressources humaines et le développement de solutions locales.
‘’Quelles mesures préventives mettre en place pour contrer les velléités de guerre économique et de désinformation ?’’, a été le thème de ce panel qui s’est tenu dans le cadre de la cinquième rentrée numérique de Gaïndé, organisée les 8 et 9 septembre à Dakar autour du thème central : Le numérique au cœur des dynamiques géostratégiques : le défi africain.
Prenant part à cette rencontre, l’adjudant Abdoulaye Manga, de l’École de cybersécurité, a relevé les conséquences que peut avoir une campagne de désinformation sur les entreprises et leur environnement économique.
Selon lui, une simple campagne de désinformation peut suffire à ‘’faire perdre sa réputation’’ à une entreprise, “compromettre un contrat ou encore dégrader la confiance de ses investisseurs”.
Le directeur général de Sénégal Numérique (SENUM-SA), Isidore Diouf, estime que la réponse à la guerre économique passe par une meilleure maîtrise du marché national et par un cadre législatif permettant d’encadrer les conditions dans lesquelles des acteurs extérieurs peuvent accéder au marché local.
Il a identifié trois enjeux essentiels, relativement au renseignement, au risque cyber lié notamment à la déstabilisation des systèmes d’information et à la gestion des risques technologiques.
Son co-panéliste, Malick Fall, PDG de Polaris Secure, a indiqué que le phénomène des attaques cyber est favorisé par des dispositifs de résilience ‘’pas suffisamment rodés’’.
Il a notamment évoqué la circulation de logiciels espions dans la sous-région, susceptibles de permettre l’extraction de données.
A cet effet, il a appelé à la mise en place de ‘’stratégies et de mécanismes de défense adaptés’’, préconisant un ‘’audit et un état des lieux des infrastructures critiques, ainsi qu’un renforcement de la formation des ressources humaines.
L’expert en cybersécurité mise également sur une bonne ‘’hygiène informatique’’, à travers des mesures simples et pratiques allant dans le sens de garantir une veille cyber permanente.
Il est difficile de ‘’garantir totalement la sécurité d’un logiciel que l’on n’a pas fabriqué’’
Il a aussi plaidé pour plus de soutien aux entreprises technologiques locales, notamment à travers des facilités fiscales et un meilleur accès à la commande publique, déplorant qu’elles soient souvent sollicitées au nom de la ‘’fibre patriotique’’ pour intervenir dans une logique volontariste, voire gratuitement.
Le commissaire Aly Kandé, de la Division cyber du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, a, de son côté, insisté sur la place ‘’primordiale’’ de la maîtrise de l’information dans l’économie et la géostratégie.
Il a cité le cas de vendeuses sur TikTok qui saisissent régulièrement la Division cyber après des attaques visant leur réputation, certaines cherchant, à travers ces pratiques, à prendre l’avantage sur leurs concurrentes.
M. Kandé estime que ces cas observables de faits divers peuvent être transposés dans les relations entre entreprises et à l’échelle des États.
Le commissaire Kandé a également relevé les limites liées à la dépendance technologique, estimant qu’il est difficile de ‘’garantir totalement la sécurité d’un logiciel que l’on n’a pas fabriqué’’.
Il a cité, à titre d’exemple, les restrictions ponctuelles observées entre les États-Unis et la Chine concernant l’acquisition de matériels informatiques ou de technologies produites par l’autre pays,
Face à ces enjeux, l’officier et ingénieur a invité l’État et le secteur privé national à ‘’prendre des risques’’ avec les entreprises locales, en leur confiant des marchés afin qu’elles puissent acquérir de l’expérience et développer leurs capacités.
Il a également appelé le secteur privé national à davantage investir dans la recherche-développement.
APS
‘’Quelles mesures préventives mettre en place pour contrer les velléités de guerre économique et de désinformation ?’’, a été le thème de ce panel qui s’est tenu dans le cadre de la cinquième rentrée numérique de Gaïndé, organisée les 8 et 9 septembre à Dakar autour du thème central : Le numérique au cœur des dynamiques géostratégiques : le défi africain.
Prenant part à cette rencontre, l’adjudant Abdoulaye Manga, de l’École de cybersécurité, a relevé les conséquences que peut avoir une campagne de désinformation sur les entreprises et leur environnement économique.
Selon lui, une simple campagne de désinformation peut suffire à ‘’faire perdre sa réputation’’ à une entreprise, “compromettre un contrat ou encore dégrader la confiance de ses investisseurs”.
Le directeur général de Sénégal Numérique (SENUM-SA), Isidore Diouf, estime que la réponse à la guerre économique passe par une meilleure maîtrise du marché national et par un cadre législatif permettant d’encadrer les conditions dans lesquelles des acteurs extérieurs peuvent accéder au marché local.
Il a identifié trois enjeux essentiels, relativement au renseignement, au risque cyber lié notamment à la déstabilisation des systèmes d’information et à la gestion des risques technologiques.
Son co-panéliste, Malick Fall, PDG de Polaris Secure, a indiqué que le phénomène des attaques cyber est favorisé par des dispositifs de résilience ‘’pas suffisamment rodés’’.
Il a notamment évoqué la circulation de logiciels espions dans la sous-région, susceptibles de permettre l’extraction de données.
A cet effet, il a appelé à la mise en place de ‘’stratégies et de mécanismes de défense adaptés’’, préconisant un ‘’audit et un état des lieux des infrastructures critiques, ainsi qu’un renforcement de la formation des ressources humaines.
L’expert en cybersécurité mise également sur une bonne ‘’hygiène informatique’’, à travers des mesures simples et pratiques allant dans le sens de garantir une veille cyber permanente.
Il est difficile de ‘’garantir totalement la sécurité d’un logiciel que l’on n’a pas fabriqué’’
Il a aussi plaidé pour plus de soutien aux entreprises technologiques locales, notamment à travers des facilités fiscales et un meilleur accès à la commande publique, déplorant qu’elles soient souvent sollicitées au nom de la ‘’fibre patriotique’’ pour intervenir dans une logique volontariste, voire gratuitement.
Le commissaire Aly Kandé, de la Division cyber du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, a, de son côté, insisté sur la place ‘’primordiale’’ de la maîtrise de l’information dans l’économie et la géostratégie.
Il a cité le cas de vendeuses sur TikTok qui saisissent régulièrement la Division cyber après des attaques visant leur réputation, certaines cherchant, à travers ces pratiques, à prendre l’avantage sur leurs concurrentes.
M. Kandé estime que ces cas observables de faits divers peuvent être transposés dans les relations entre entreprises et à l’échelle des États.
Le commissaire Kandé a également relevé les limites liées à la dépendance technologique, estimant qu’il est difficile de ‘’garantir totalement la sécurité d’un logiciel que l’on n’a pas fabriqué’’.
Il a cité, à titre d’exemple, les restrictions ponctuelles observées entre les États-Unis et la Chine concernant l’acquisition de matériels informatiques ou de technologies produites par l’autre pays,
Face à ces enjeux, l’officier et ingénieur a invité l’État et le secteur privé national à ‘’prendre des risques’’ avec les entreprises locales, en leur confiant des marchés afin qu’elles puissent acquérir de l’expérience et développer leurs capacités.
Il a également appelé le secteur privé national à davantage investir dans la recherche-développement.
APS