Nigeria : un influenceur critique du gouvernement assassiné en pleine campagne présidentielle

Rédigé le Jeudi 10 Septembre 2026 à 02:49 | Lu 4 fois | 0 commentaire(s)

Le meurtre d’Ibrahim Khalil Dan Shagamu à Kano illustre les risques croissants encourus par les voix dissidentes dans le pays.


Un influenceur nigérian, connu pour ses prises de position politiques critiques envers le gouvernement, a été tué à son domicile dans la ville septentrionale de Kano, ont annoncé, mercredi 9 septembre, sa famille et un groupe de défense des droits humains.
Ibrahim Khalil Dan Shagamu a été retrouvé mort, la gorge tranchée, à son domicile tard mardi par des amis et des voisins, qui avaient escaladé la clôture parce qu’il ne répondait plus depuis lundi quand on frappait à sa porte. Sa mort survient alors que la campagne électorale bat son plein dans le pays le plus peuplé d’Afrique, à l’approche de l’élection présidentielle du 16 janvier.
Ce père de six enfants, âgé de 57 ans, a été retrouvé « massacré avec de profondes blessures à la tête », a déclaré à la presse sa sœur, Aisha Sharu Lawan. « C’était une scène atroce. Ses deux téléphones portables avaient disparu », a-t-elle ajouté. Dan Shagamu, qui comptait des centaines de milliers d’abonnés sur Facebook et TikTok, était connu pour ses vidéos virulentes en haoussa, critiques envers le gouvernement sur des questions politiques et sociales locales.
Le motif du crime n’était pas encore établi mercredi, mais Mme Lawan semblait privilégier un acte criminel. Un climat tendu « Son ami a affirmé qu’il avait eu un différend avec des personnes qui avaient menacé de le tuer », a-t-elle assuré, appelant à une enquête et à des poursuites contre les meurtriers.
Dan Shagamu était journaliste pour une station de radio locale financée par l’Etat avant de démissionner et de devenir actif sur les réseaux sociaux, où il s’est constitué une vaste base de fans.
Amnesty International a condamné son meurtre, déclarant dans un communiqué qu’il avait été « brutalement massacré après avoir été maîtrisé par ses tueurs ».
La campagne électorale au Nigeria a commencé au mois d’août. Les élections dans le pays sont généralement marquées par des violences orchestrées par des responsables politiques qui emploient des hommes de main pour intimider leurs opposants. Le Monde avec AFP